Carnet n°18 : Polynésie

Ia Ora Na !

Quitter un paradis, pour un autre…

La Polynésie, ce nom qui désigne un endroit qui nous paraissait jusqu’alors tellement inaccessible, si loin, une destination carte postale qui devait rester un rêve pour longtemps… Et finalement !

Quand nous avons décidé de prolonger notre tour du monde, il était évident qu’il fallait faire un véritable « tour » du globe. Plutôt que de survoler le Pacifique, pourquoi ne pas dès lors s’y arrêter…. et permettre au rêve… de devenir réalité !

Et puis la Polynésie était une destination qui faisait sens pour nous, nous avions des amis qui y habitaient, le papa d’Henri y avait vécu plus jeune, bref, une fois qu’on s’était décidé, on n’a plus hésité une seule seconde !

Il faut savoir qu’il y a 118 îles en Polynésie. Avec un budget (et du temps !) limité, nous ne pouvions donc pas explorer l’intégralité des îles polynésiennes. Notre choix s’est donc porté sur trois d’entre elles :

  • Tahiti, là où habitent nos amis,
  • Moorea, sa voisine accessible en bateau,
  • et Maupiti, le rêve dans le rêve… !

Ce programme nous convenait bien, et il était tenable en trois semaines !

Nous voici donc dans l’avion qui nous emmène de Nouméa, à Papeete. Nous croiriez-vous si l’on vous disait que nous avons remonté le temps ? Nous sommes partis le samedi matin de Calédonie… et avons en effet atterri le vendredi soir à Papeete, car nous avons franchi la ligne du temps, qui se situe dans le Pacifique. Nous aurons donc vécu deux fois la même soirée… Fou, non ?

Au dessus du Pacifique, nos yeux fixent le bleu de l’océan. Et parfois, au milieu de nulle part… un atoll avec une forme incroyable « Vite, Henri, vite l’appareil photo dépêche toi »….!

TAHITI

(plusieurs rubriques prévues sur Tahiti car nous suivons l’ordre chronologique et nous avons fait plusieurs aller-retours…!)

Nous arrivons à l’aéroport de Papeete, nous sommes tout de suite accueillis par un groupe de musique tahitienne, c’est génial. Histoire de nous mettre dans l’ambiance !

Hugues et Heiata, nos amis, sont venus nous chercher. Ils nous accueillent avec les traditionnels colliers de fleurs, c’est magnifique et ça sent tellement bon !

Nous n’avons foulé le sol tahitien que depuis quelques minutes et pourtant on s’y sent déjà tellement bien.

Hugues et Heiata nous ramènent chez eux, dans leur magnifique maison, perchée sur les hauteurs de Punaauia, ville située au sud de Papeete. Là-haut, la vue est imprenable sur l’île de Moorea qui nous fait face.

Nous passons la soirée à discuter, leur poser des questions sur la Polynésie et raconter un peu de nos 10 mois de voyage.

La sensation d’être dans une maison, avec des amis, est délicieuse après ces mois de vadrouille.

Le lendemain, nous allons avec eux à un pot de départ de l’un des collègues d’Heiata dans le lycée dans lequel elle travaille. Pour l’occasion, Hugues et Heiata nous prêtent des vêtements et Laure a même le droit a une magnifique couronne de fleurs confectionnée par Heiata!

Arrivée au pot de départ, rien à voir avec nos pots de départs de métropole.

Là, place à l’émotion, il y a des discours vraiment touchants, un festin avec de nombreux plats, et surtout : beaucoup de musique, puisque dès que le repas est avalé, plusieurs personnes attrapent des ukulélés et se mettent à chanter. C’est convivial et surtout extrêmement beau à écouter !

Le lendemain, nous nous levons tôt pour aller au marché. Mais quand on dit tôt, c’est très tôt!

Le marché de Papeete, réputé pour ses produits, ses couleurs, son ambiance… a lieu tous les jours à partir de… 5 heures du matin ! Et apparemment, c’est plus sympa d’y être tôt… On règle donc nos réveils et on vise d’y être pour 6 heures du matin…! Surtout que le dimanche, jour où nous y allons, le marché ferme à 9h30.

En arrivant, on n’est pas déçu d’être là à l’aube : il y a déjà beaucoup de monde et d’animation, on s’affaire sur tous les étals. On regarde tout ça avec nos yeux écarquillés, il y tellement de produits que l’on ne connait pas !

Des fruits et des légumes de toutes les couleurs, des coquillages, des couronnes de fleurs… mais parmi les originalités notoires, on retiendra :

  • le « bonbon Coco » : attention, c’est aussi addictif que calorique… concrètement, il s’agit d’un bonbon composé de noix de coco, de citron, et de beaucoup, beaucoup de sucre ! On vous met le lien de sa recette ici, si vous voulez ramener un peu de Polynésie chez vous…
  • le pua’a rôti, une sorte de porc mariné au four : apparement, c’est très très bon et c’est une véritable institution le dimanche matin à Tahiti. Il suffit d’en juger par la queue devant les stands en proposant ! Bon, vous nous connaissez, on n’a donc pas pu goûter…!

Sont omniprésents les rires, la musique, les gens qui papotent et qui se racontent leur vie. Papeete a l’air d’être un village, avec pourtant 27 000 habitants, l’insularité doit y être pour quelque chose dans tant de convivialité !

Nous nous promenons ensuite dans Papeete. C’est assez étrange car si tout le monde parle le français, ici ce n’est pas comme à Nouméa où l’on se sentait presque dans une ville de métropole. Papeete est en effet bien différente !

La ville est recouverte de street-arts, les immeubles sont plutôt bas, tout le monde est en tongs, il y a un sacré trafic automobile, et beaucoup de monde dans la rue !

On a même déjà vu des baleines à bosses…!

L’après-midi, nous partons faire un tour de bateau dans le lagon avec Hugues et Heiata. Magnifique moment, au soleil, à discuter et à piquer une tête pour observer les poissons qui nagent tranquillement, comme si notre présence ne les dérangeait pas pour un sou.

Le lendemain, nous passons la journée avec Pomeline et Noël, vous vous souvenez d’eux ? Nous les avions rencontrés en Indonésie, on avait passé du temps avec eux sur l’île de Java… Et entre temps ils se sont installés ici, à Papeete ! Incroyables retrouvailles quelques mois plus tard, à l’autre bout du monde…

L’après-midi, nous allons nous promener au niveau de la pointe Vénus, le cap situé le plus au nord de l’île. S’y trouve un joli phare, qui date de 1866.

Puis direction le « trou du souffleur », un trou dans la roche qui crée un drôle de bruit à chaque fois qu’une vague arrive. A côté, il y a une plage avec de jeunes surfeurs et body-bordeurs. Franchement, ils gèrent !

Et sur l’île de Tahiti, le sable… est noir. Eh oui, ce n’est pas ce qui nous viendrait à l’esprit en premier lieu !

MAUPITI

Atterrisage à Maupiti, île à laquelle on peut véritablement décerner le titre de « Paradis au Paradis ».

Une île volcanique, avec un « sommet » culminant à 380 mètres au dessus de la mer, un lagon fermé par plusieurs motus… Vous voyez Bora Bora ? Ici, c’est pareil, avec les touristes et les hôtels de luxe en moins !

Maupiti a su garder une véritable âme, un caractère authentique complet, et ce grâce aux habitants. En effet, ceux-ci ont refusé l’implantation d’hôtels, ce qui implique un hébergement directement chez l’habitant dans de petites pensions de famille. Pour se nourrir, il n’y a pas de restaurants, mais quelques rares gargottes, et pour faire ses courses, pas de supérette mais un petit local dans lequel un couple vend quelques denrées, en fonction de ce qui arrive par bateau.

Nous avions donc fait nos courses à Papeete avant de partir, car on fête à Maupiti les 26 ans d’Henri ! Et en fan de nourriture, ne mangeant pas de poisson… il fallait s’organiser un minimum !

Mais ces quelques concessions sur l’organisation sont largement envisageables lorsque l’on se rend compte du cadre dingue dans lequel nous avons atterri.

Pas vrai… ?

Nous grimpons sur un petit bateau pour nous amener sur l’île principale (l’aéroport se situe sur l’un des motus de l’île). Pour mieux que vous visualisiez, ci-dessous une carte (origine : site de Maupiti diving).

Notre pension se situe sur l’île principale, au niveau de la pointe Terei

On y voit bien son origine volcanique, avec l’île centrale où se trouvait le volcan, aujourd’hui éteint, et les motus (bancs de terre sur les côtes) formés par les éruptions successives. En effet, la Polynésie est située à la jonction de deux plaques tectoniques : la plaque de Nazca et la plaque du Pacifique. Dès lors, la région est marquée par une forte activité sismique, qui a donné naissance à une chaine de volcans il y a plusieurs millions d’années.

Les volcans qui naissent, forment des îles, puis, s’affaissant en raison de l’érosion, deviennent des atolls (l’île centrale a totalement disparu). A ce titre, Maupiti est donc une île plus jeune que les atolls, puisque que l’île centrale est encore là aujourd’hui.

On trouve beaucoup plus d’atolls dans l’archipel des Tuamotu, plus ancien.

Trêve de géologie, revenons sur notre bateau !

Dès que l’embarcation prend de la vitesse, une série de jeunes hommes en pirogue polynésienne, la « Va’a », nous suivent… pour jouer avec la houle formée par notre bateau. Ils sont assez…. musclés ? Euh pardon, doués !

C’est incroyable car ils tiennent vraiment la vitesse sur la distance, à la seule force de leurs bras !

Nous posons pied sur l’île principale, et Alain et son épouse Nhung, nos hôtes, viennent nous accueillir avec des colliers de fleurs. On ne s’y habitue pas !

Puis nous nous dirigeons vers notre pension, un bungalow directement posé sur la plage, tout confort, avec une terrasse, des vélos, des kayaks, des paddles… Bref, on pourrait passer des semaines ici !

Notre fare

Nous ne tenons plus et une fois nos bagages déposés, on court dans le lagon pour s’y baigner. C’est l’eau de mer la plus chaude de notre vie, on n’est pas loin des 30 degrés. Ce qui ressort, c’est aussi l’incroyable calme du lieu. On a l’impression d’être seuls au monde…! Avec le soleil qui se couche, on aurait presqu’envie de rester dormir dans l’eau…!

Mais c’est aussi l’anniversaire d’Henri, on cuisine donc et on trinque une coupe de champagne dans ce cadre incroyable.

La suite du programme pour les 4 prochains jours : admirer la vue, se baigner, faire du snorkeling, nous promener sur l’île, essayer d’apercevoir raies mantas, baleines, dauphins, requins… et surtout profiter de la douceur de vivre de Maupiti !

L’ingénieux (et esthétique !) système pour garer les bateaux dans le lagon

Les raies mantas…

Nous partons à la demi-journée explorer le lagon de Maupiti, avec pour objectif de croiser les raies mantas qui viennent se faire « nettoyer » par de nombreux petits poissons. Nous partons en bateau, avec une équipe qui sait où se trouvent ces fameuses stations de « lavage ».

D’ailleurs, ça ne manque pas, au bout de quelques minutes, ils ont repéré plusieurs raies qui décrivent des demi-cercles non-loin du bateau.

Les consignes de sécurité sont données : ne pas les déranger, ne pas s’approcher trop près et laisser les raies venir vers nous si elles le veulent. Il est important de ne pas faire de gestes brusques ou de roulis dans l’eau pour éviter de les effrayer.

On se met à l’eau un peu plus loin, histoire de ne pas leur faire peur avec nos gros « ploufs », et nageons vers elles.

Majestueuses, on croirait voir des oiseaux voler dans le bleu ciel de l’eau…

C’est extraordinaire pour nous de les voir de si près, avec une visibilité parfaite (ce qu’on n’avait pas eu en Calédonie) et surtout dans une eau chaude et sans courant (tout l’inverse de l’Indonésie !).

L’émotion est intense, nous sommes toujours autant chamboulés et excités de voir des créatures si magnifiques dans leur environnement, libres, gracieuses, vivant leur vie et s’en foutant de nous (et c’est tant mieux !).

Pour un petit point d’info, les raies manta appartiennent à la famille des poissons. Si certes, les petits « sortent » du ventre de leur mère, ce ne sont pourtant pas des mammifères.

Hein ? La subtilité, c’est que la femelle porte dans son ventre les oeufs fécondés par le mâle, et les petits sortent des oeufs à l’intérieur même du ventre de leur mère… Puis sortent à leur tour ! Et lorsqu’ils sortent du ventre de leur mère, les petits sont déjà autonomes pour se nourrir (contrairement aux petits mammifères…).

Elles peuvent vivre jusqu’à 50 ans, mesurer jusqu’à 7 mètres d’envergure et peser près de 2 tonnes pour les plus grandes. Autrement dit, ce sont des géantes des mers !

Fait étonnant, les raies mantas possèdent quelques dents, sans qu’on n’explique vraiment quelle est leur fonction puisqu’elles se nourrissent de plancton en ouvrant leur bouche, à la manière des baleines par exemple.

Voilà, vous en savez un peu plus sur ces incroyables poissons. Nous, de notre côté, on les observe nager tranquillement, on les prend en photo et parfois on échange même un petit regard avec elles, n’est-ce pas Henri ?

On sort de l’eau pour les laisser finir leur nettoyage avec un peu d’intimité (bah oui, pas top de se faire observer sous la douche, non ?).

Direction ensuite le jardin de corail, où de nombreux petits poissons multicolores se promènent et ont l’air d’être sacrément habitués à la présence d’humains, à en juger par leur proximité avec nous ! Ce sont des poissons papillons à deux selles.

On pense malheureusement que certaines personnes viennent les nourrir, car ils s’approchent désespérément de nos mains, pensant qu’on a quelque chose à leur donner. L’occasion de passer un moment rigolo quand même 🙂

Après avoir barboté un moment, on rentre sur l’île principale, heureux de cette matinée !

Les baleines… et le petit plus…!

Nous partons une autre matinée avec l’objectif d’aller observer les baleines à bosses (ou les « tohora », comme les appellent les tahitiens) qui viennent mettre bas dans les eaux chaudes de Polynésie entre juin et octobre, le temps que les « petits » (si l’on peut dire cela de baleineaux qui pèsent déjà 700 kilos à la naissance !) prennent des forces et soient suffisamment robustes pour migrer dans des eaux plus froides, où les cétacés trouvent leur nourriture.

Nous sommes un peu tard dans la saison pour l’excursion, on se doute bien que ce serait beaucoup de chance que de pouvoir croiser une baleine. D’autant plus qu’on a préféré passer par un pêcheur local puisqu’à Maupiti il n’y a pas de clubs qui organisent cela (et c’est tant mieux, on préfère toujours passer par quelque chose de moins organisé).

Nous sommes donc tous les deux sur le bateau, Kete notre guide pêcheur, et un autre couple de marseillais. On traverse le lagon, franchissons la passe de Maupiti, où les vagues sont assez importantes, puis arrivons en pleine mer.

Le bateau avance, et on scrute l’horizon, guettant le moindre mouvement de houle ou de souffle. A l’affut du moindre remous un peu plus important que les autres… Mais nous avons beau plisser les yeux, il faut se rendre à l’évidence, pendant presque trois quart d’heures, il ne se passe absolument rien. On commence à se dire… que c’est rapé !

Et puis finalement… nous apercevons des souffles à deux cent mètres du bateau…! Elles sont là !

Ce n’est pas une baleine à bosses, mais deux, et pas une mère et son petit, mais un couple en pleine parade amoureuse ! Ils sont sacrément en retard ces deux-là…

Elles tournent l’une contre l’autre, nous montrent leurs nageoires, disparaissent puis réapparaissent. On passe un moment à les observer depuis le bateau, pour identifier leur trajectoire et les dépasser (la mise à l’eau se fait dans leur axe pour les laisser venir vers nous).

Lorsque c’est le moment, on saute à l’eau, et on les voit arriver si calmement vers nous. Calmement mais rapidement ! On a l’impression pouvoir les suivre, mais un petit battement de leur queue et les voilà propulsées à déjà plus de 20 mètres de nous.

Au total, nous ferons quatre mises à l’eau, avec à chaque fois la même technique : avancer en bateau dans la direction qu’elles suivent et les laisser nous passer devant. Elles sont parfois si près qu’elles ne rentrent pas dans le cadre de l’appareil photo !

Sur les sentations, que dire !

C’est LE moment le plus grandiose de notre voyage (on peut le dire car au moment où nous écrivons ces lignes nous sommes rentrés depuis un petit moment…). On tremble sous l’eau, on est comblé de joie d’admiration. D’autant plus que le couple qui est avec nous ne fait pas toutes les mises à l’eau, on se retrouve donc tous les deux face à ces deux colosses, qui tournoient l’un contre l’autre, dans cette magnifique parade amoureuse…

Allez, assez de texte, on vous laisse quelques images de cet incroyable moment (mais on vous avoue que cela a été difficile de prendre des photos, avec la houte + l’émotion + le désir de profiter de l’instant que nous vivions !).

Nous remontons, heureux et comblés sur le bateau, et commençons à faire demi-tour.

Et dire que ces magnifiques cétacés ont bien failli disparaitre à cause de la chasse, heureusement depuis 1983 la règlementation internationale a changé, elles sont protégées, et depuis leur population n’a fait que croître. Aujourd’hui, elles sont environ 35 000.

Kete nous annonce subitement qu’il y a un immense banc de dauphins qui traverse devant le bateau! Ils doivent être une cinquantaine, c’est impressionnant, et après les baleines, c’est la cerise sur le gateau, vraiment !

On les observe puis on saute à l’eau, on a le temps de nager quelques secondes avec eux mais le banc s’éloigne vite, nous remontons et les suivons pendant un petit quart d’heure. Ils s’amusent avec les vagues formées par la proue du bateau, sautent, sifflent, tournoient… Pas de photos, ils étaient trop rapides, mais allez les voir dans la vidéo à la fin de l’article.

Allez, retour à la pension après cette sortie exceptionnelle !

Ascension du sommet de Maupiti…

Bon, on est des grenoblois ou on ne l’est pas ? Il fallait bien qu’on aille voir ce qu’il y avait « en haut », enfin, qu’on grimpe au sommet de Maupiti. Qui culmine à 380 mètres d’altitude.

Son petit nom, c’est le mont Teurufaatiu. Nous partons de la pension à vélo, toujours à la meilleure heure, vers 11h (ironie !), et grimpons en une petite heure à travers la forêt, humide, le long d’un sentier pas toujours très bien indiqué. On sue à grosses goutes… On escalade un peu sur la fin.

Mais une fois arrivés là haut, wahou ! Quelle récompense !

La passe, au fond

On vous laisse en juger par vous même…

On profite de la vue, on observe les petites rues du hameau principal de l’île, et admirons ces incroyables dégradés de bleus…

Voilier planté au milieu du lagon
L’aéroport…!

Bref, une palette de bleus s’étend devant nous, et surtout, il y a un peu de vent pour sécher notre transpiration, ce n’est pas désagréable…

Nous redescendons, et rentrons à vélo à la pension.

Promenades en paddle dans le lagon

Nous profitons aussi pas mal des paddles mis à disposition par notre pension pour aller explorer le lagon. En effet, après une première sortie en palmes-masque-tuba où nous sommes tombés nez à nez avec 4 requins pointe noire, et même si on sait qu’ils sont inoffensifs, on a décidé cette fois-ci d’utiliser le paddle, on se sent quand même plus en sécurité…

Car le lagon et l’île sont magnifiques, il faut le dire. Et découvrir cela au rythme de la pagaie qui plonge dans l’eau (surtout pour Laure car c’est Henri qui pagaie …!), c’est le must !

Notre tahitien…

Couchers de soleil…

Maupiti, c’est aussi l’occasion d’admirer d’incroyables couchers de soleil. C’est vrai que c’est quelque chose de difficile à retranscrire en vidéo ou en photo, car un coucher de soleil, c’est avant tout une sensation sur la peau, une température exquise, le seul son du vent entre les feuilles des cocotiers, quelques oiseaux qui volent ça et là, et une sérénité qui nous enveloppe le temps de la descente du soleil, avant le calme de la nuit…

Mais voici tout de même quelques clichés de ces roses chatoyants qui nous ont enchantés pendant notre séjour à Maupiti.

Et la nuit, un magnifique ciel étoilé…!

Après quatre jours ici, on ne se lasse pas du rythme de vie, aller cueillir à même les arbres les mangues de notre petit-déjeuner, piquer une tête, jouer du ukulélé sur la terrasse…

Couronne de fleurs réalisée par Nhung, offerte à Laurette !

Mais notre programme polynésien continue, nous quittons Maupiti, et revenons rapidement à Tahiti….!

Bonne adresse : Maupiti Résidence, bien sûr, chez Alain et Nhung !

MOOREA

Après un retour express à Tahiti, nous repartons en ferry à Moorea. Il n’y a qu’une demi-heure de traversée.

On débarque sur cette île si proche et pourtant bien différente de Tahiti : plus petite, moins peuplée, moins urbanisée. Ici, les plages sont de sable blanc.

Nous logeons, non pas dans les petits bungalows sur pilotis ci-dessus (totalement hors budget !), mais dans le seul camping que comporte l’île (quand même relativement cher, près de 30 euros la nuit à deux pour une tente et une voiture, avec les coqs qui chantent H24 en prime !).

Bon, pour le cadre, on ne va pas se plaindre…!

A Moorea, nous allons randonner (nous sommes toujours grenoblois ou bien ?), mais aussi profiter de son lagon exceptionnel pour la faune qu’il contient.

Nous partons nous promener au col des trois cocotiers, situé à 376 mètres d’altitude. Le point de départ se fait depuis le belvédère Opunohu, avec cette vue iconique de l’île. Facile de voir son origine volcanique… non ?

On distingue bien à gauche, la baie d’Opunohu et à droite, la baie de Cook.

Allez, c’est parti pour la grimpette. La végétation est dense, le chemin un peu boueux, mais c’est super joli.

Et arrivés en haut, la vue est chouette.

On ira aussi se promener en direction d’un autre belvédère, mais c’est un échec cuisant car il n’y a pas de chemin, nous nous retrouvons dans un champ de plantes gluantes… Henri, courageux, monte au sommet pour prendre quelques clichés de la vue (et Laurette l’attend en bas avec une limonade !).

Moorea est aussi un très bon spot pour voir des baleines à bosses.

Nous avions réservé sur internet, avant de faire la sortie baleine de Maupiti, une excursion plus « organisée » à Moorea. Comme on a adoré voir les baleines à Maupiti, on se dit qu’on devrait annuler cette sortie de peur d’être déçus, de ne pas les voir ou les voir dans de moins bonnes conditions (la sortie représente un gros budget pour nous !). On hésite, on ne sait pas trop si on maintient la sortie… Et finalement, on décide d’y aller quand même.

Déjà, le jour de l’excursion, on ne sent pas bien les choses… Nous sommes nombreux sur le bateau, et notre embarcation n’est pas la seule à partir.

Après une heure de navigation, nous tombons sur un mâle, qui n’est pas ravi de nous croiser, il bat de la queue dans l’eau, signe d’énervement selon le guide. Impossible, bien évidemment, d’aller à l’eau dans ces conditions.

Ce sera tout pour l’excursion. Alors oui, on ne va pas se plaindre, c’est exceptionnel, mais après ce qu’on a vu et vécu à Maupiti, on rentre quand même un peu bredouille…

Moorea est une petite île, aussi on en fait le tour, l’occasion de découvrir de superbes paysages…

…De jolies églises, comme celle-ci à Haapiti…

…Et d’acheter un ukulélé chez Woody Howard, luthier avec qui nous faisons connaissance, qui sculpte des ukulélés d’une forme originale, à la sonorité hybride entre ukulélés tahitiens et hawaïens.

Woody, le ukulélé, Henri et le chien de Woody qui voulait aussi être sur la photo 😉

Mais si nous sommes à Moorea, c’est aussi pour profiter de son lagon très réputé en terme de faune.

Dans le lagon, il y a un endroit connu où les raies pastenagues et les requins pointes noires viennent, habitués à avoir été alimentés par certains (pas la meilleure idée bien sûr…), ce qui fait qu’il est très facile de les observer d’assez près. Pour ceux qui voudraient s’y rendre, c’est au niveau de la plage des Tipaniers.

Il suffit de louer un canoë, de l’accrocher à une bouée dans le lagon, et de sauter à l’eau. Si l’on est serein !

On vous avoue que nous étions moyennement rassurés, au final au bout d’une petite heure, on est remonté car on avait un peu trop peur… les vrais touristes !

Pourtant, on nous a bien dit que les requins pointe noire sont, pour les tahitiens, comme des chiens pour nous les métropolitains. Que s’ils s’approchent de nous, c’est qu’ils sont curieux, et qu’ils voient mal. Qu’il n’y a jamais jamais d’attaque de requins pointe noire. Mais c’est une peur irrationnelle, nous sommes autant captivés par ces créatures qui ont si mauvaise réputation, que terrorisés car ils s’approchent un peu trop près de nous, et que leur regard est un peu trop perçant à notre goût.

Allez, on a quand même réussi, en tremblant, à immortaliser les clichés qui suivent… à vous de juger !

Allez, après toutes ces émotions, retour à Tahiti pour la fin de notre séjour.

TAHITI

Pour nos dernières journées tahitiennes, nous avons prévu de profiter de nos amis. Nous ferons d’ailleurs un belle sortie snorkeling avec Pomeline et Noël, l’occasion de voir de beaux coraux et quelques poissons aussi.

Avec eux, nous allons aussi à un concert au Méridien, celui du groupe Bon Entendeur. C’est cool, il fait beau, on assiste au concert directement depuis la piscine, les pieds dans l’eau, un cocktail à la main…

Nous passons aussi du temps avec Hugues et Heiata, nous avons mille sujets de discussions, de réflexion sur la vie; ils nous confient des anecdotes sur Tahiti et son histoire, sur l’enfance du papa de Henri ici…

Quelques curiosités polynésiennes issues de nos discussions et lectures sur place !

  • Une île interdite ! C’est l’île de Maiao, située à plus de 100 km à l’ouest de Tahiti. Elle est surnommée « l’île interdite ». Pourquoi ? Eh bien tout simplement parce que depuis presqu’un siècle, il est interdit d’y séjourner. La raison à cela ? Cela commence par l’installation sur l’île à la fin des années 1920 d’un anglais qui ouvre un petit commerce dans lequel il vend notamment de l’alcool. Les habitants de l’île lui achètent des produits, et finissent par payer à crédit. Le commerçant, de son nom Eric Trower, saisit alors le tribunal de Papeete pour se faire rembourser et obtient une compensation en parcelles de terrains de Maiao, à tel point qu’il devient propriétaire de pas moins de 80% de l’île ! Après un combat judiciaire, les habitants obtiennent la restitution de leur terres en 1934, et établissent un règlement strict : aucun étranger n’est désormais accepté sur l’île, et les seules personnes ayant reçu une invitation officielle ont le droit d’y débarquer (sages-femmes, scientifiques, officiels…), pour une durée maximale de 24 heures… Et la vente d’alcool y est interdite !
  • Un mur de requins… Vous imaginez un véritable mur de requins ? Cela existe, et c’est sur l’atoll de Fakarava. La passe sud de l’île abrite en effet ce qui serait la plus grande concentration de requins gris au monde, près de 700 individus ! Brrr!
  • La Polynésie, victime des essais nucléaires français. Après l’indépendance de l’Algérie en 1962, la France doit trouver un nouvel endroit pour effectuer ses essais nucléaires. Le choix se porte sur la Polynésie française, région immense et isolée. Entre 1966 et 1995, pas moins de 181 essais nucléaires seront réalisés aux Tuamotu. Pour les habitants, les essais ont de réelles conséquences sanitaires : augmentation du nombre de cancers et de problèmes de thyroïde. Les habitants déposent plusieurs plaintes, en vain. En contrepartie, à l’arrêt des essais nucléaires, l’état français « dédommage » les Tuamotu en continuant à les aider financièrement sans toutefois reconnaître sa part de responsabilité dans les maladies générées.
  • L’obésité touche 40% des polynésiens. Savez-vous qu’en Polynésie française, près de 40% de la population est obèse ? Véritable enjeu de société, car l’obésité entraine de très nombreuses maladies (hypertension, diabète), ce taux d’obésité est multifactoriel. D’abord, esthétiquement, le surpoids n’est pas forcément montré du doigt, mais valorisé : les hommes sont beaux s’ils sont costauds et forts. De plus, l’importation de produits sucrés et leur forte consommation en Polynésie engendre surpoids pour des habitants dont l’organisme n’était pas habitué à ce genre daliments. Enfin, des chercheurs ont démontré que les habitants de ces îles ont un « gène » de l’obésité. En effet, les polynésiens ont conquis ces territoires reculés à la force de leurs bras, après des années de navigation. Ils descendent donc d’individus qui ont survécu à des conditions de vie très difficiles sur les bateaux, qui sont restés parfois longtemps sans manger. Seuls les plus forts, ceux qui pouvaient stocker des réserves de nourriture, survivaient; ce gène modifié est encore présent aujourd’hui dans le corps des tahitiens, mais ils n’ont plus d’océans à traverser et se sont sédentarisés… D’où une explication génétique de leur obésité !

Nous décidons, sur une journée, de partir faire un tour du Fenua, comme on l’appelle ici. En effet, la circonférence de l’île n’est que de 150 kilomètres, on a donc le temps, en partant tôt et en roulant bien, de découvrir certains des beaux endroits qu’elle abrite.

D’abord, arrêt au Marae Arahurahu (prononcé ma-ra-é a-ra-ou-ra-ou, ça fait travailler l’articulation !).

Un Marae, c’est en fait une plateforme où se déroulaient, avant l’arrivée des européens, les cultes de Polynésie, notamment toutes les cérémonies culturelles, sociales et politiques. On y faisait des offrandes destinés aux dieux polynésiens, notamment des produits issus de la pêche ou des récoltes.

Aujourd’hui les coqs s’y promènent tranquillement…!

Nous poursuivons notre tour de l’île en nous arrêtant visiter un jardin botanique, et c’est vraiment chouette, car l’une des nombreuses richesses de Tahiti, c’est la quantité et l’incroyable beauté de ses fleurs et de ses plantes.

Au-delà de leur esthétisme, il y a une chose que la technologie ne permet pas encore de vous communiquer, c’est leur délicieux parfum. D’ailleurs, la fleur du tiare, emblématique de l’île, qui revêt de nombreuses significations selon comment elle est portée (en couronne, à l’oreille gauche, à l’oreille droite, aux deux oreilles…), possède une odeur vraiment exquise.

Voici quelques plantes et fleurs en photos. Sans les odeurs, donc !

Fleur de frangipanier
Hibiscus
Racines du Mape, le châtaignier tahitien
Opuhi, ou gingembre rouge
Monstera absolument gigantesque !
Rose de porcelaine

Arrêt aussi près d’une petite cascade, on se promène dans les alentours, la végétation est toujours autant luxuriante.

Nous roulons jusqu’à la presqu’île, arrêt à Teahupo’o, où l’on aperçoit au loin la vague mythique. Les surfeurs présents le long de la plage attendent qu’elle monte un peu pour se mettre à l’eau, tout en nous racontant le nombre de planches qu’ils cassent ici chaque année.

Nous roulons sur les plateaux, la « Normandie » locale, avec ses prés où broutent paisiblement des vaches. Etonnant de voir un tel décor ici, on se sentirait presque dépaysés…!

Puis nous rentrons chez Hugues et Heiata, dans la pénombre (on s’est un peu trop arrêtés…!)

Notre dernière journée, nous la passons sur le bateau de nos amis Caroline et Pierre, avec leur fille Victoria, Hugues, Heiata, Tamatoa leur fils, et nous deux. Nous réalisons quelle chance incroyable nous avons d’être ici, entourés de personnes aussi formidables…

Et en trinquant avec une bonne Hinano !

Hinano, la bière locale, dans le lagon…!

Allez, dernière soirée tahitienne, et dernier coucher de soleil…

Voilà, Tahiti est passé vite. Nous n’avons pas arrêté !

C’était magique…

A très vite les amis, et à bientôt le Fenua !

Laure & Henri

La vidéo, bien sur…!

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close