Carnet n°17 : Nouvelle-Calédonie

 

Chers lecteurs, voici un long moment depuis que nous n’avons pas posté de carnet sur le blog. C’est donc chose faite avec ce nouvel article, sur nos 3 semaines au Paradis… Euh pardon, en Nouvelle-Calédonie !

Après les montagnes merveilleuses de la Nouvelle-Zélande, il nous tardait de retrouver un peu de chaleur.

Avant de vous raconter notre séjour calédonien, un petit point histoire. Car aller en Calédonie, c’est se plonger dans une terre à l’histoire mouvementée…

La Calédonie a été peuplée il y a 2500 à 3000 ans, par des colons venant originairement de Chine, qui sont passés par Taïwan, puis par les Philippines, ou encore par les iles Sulawesi et le Timor. Ce sont leur descendants qui forment aujourd’hui le groupe des Kanaks.

Ce n’est qu’à partir de 1774 que l’île commence à être convoitée par les européens; le nom de Calédonie trouvant d’ailleurs son origine dans le nom de « Caledonia », premier nom donné à l’Ecosse par les romains. Le capitaine James Cook avait trouvé une ressemblance entre les deux territoires (il avait du boire un peu trop de whisky celui-là…!).

C’est Napoléon III qui décide de proclamer la Nouvelle-Calédonie comme colonie française, y voyant un intérêt pour envoyer des bagnards. Les descendants de ces bagnards forment aujourd’hui le groupe des « Caldoches ».

Va suivre ensuite tout le processus de colonisation « classique », avec évangélisation des populations, éducation à la française, appropriation de terres appartenant aux kanaks – et notamment des terres contenant la richesse numéro 1 de la Calédonie, le nickel – et application du code de l’indigénat.

En 1931, il n’y a même pas 100 ans (!), des kanaks sont même « exposés » dans un enclos à l’occasion de l’exposition coloniale de Paris…

Dans les années 1980, les tensions indépendantistes s’accentuent, aboutissant à la prise d’otage d’Ouvéa et l’assassinat de Jean-Marie Tjibaou, l’un des leaders indépendantistes. Mais on vous en raconte un peu plus après 🙂

Pour l’instant, nous sommes dans l’avion, nous survolons le plus grand lagon du monde, avec 23 000 km2 (!) et nous atterrissons en milieu de journée à Nouméa. C’est vraiment étrange pour nous d’entendre parler français à tous les coins de rue, après plus de 10 mois de vadrouille dans des pays non francophones.

Nous récupérons notre voiture de location, nous avons prévu d’arpenter l’île principale, Grande Terre, puis de passer trois jours sur Ouvéa, puis sur l’île des Pins.

 

GRANDE TERRE

 

Le sud

Le jour-même, après un plein de courses et un repas rapidement avalé sur le bord de la plage, nous prenons la route tout de suite, direction le sud de l’Ile, où la terre est si rouge. On se croirait dans le bush australien !

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Et d’ailleurs, on n’a pas tort, puisque la Nouvelle Calédonie était, il y a plusieurs millions d’années, rattachée… à l’Australie… !

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La journée étant bien avancée, nous roulons par des petites routes non goudronnées, jusqu’à un petit camping. Ici, terre des kanaks, le camping sauvage n’est pas bien vu, on préfère donc dormir dans des endroits prévus pour!

Sauf que lorsque nous arrivons, le « camping » a l’air totalement abandonné, il n’y a aucune infrastructure, pas de toilettes ni d’eau, pas de gaz, pas de lumière ni d’électricité, pas d’emplacement, et surtout personne…

Il commence à faire nuit, et on est à des kilomètres d’une ville, donc on s’installe ici. La plage est quand même super jolie… mais sans gaz, nous devrons nous contenter d’une conserve de lentilles, froide ! Miam !

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Le lendemain, nous nous rendons le matin sur la plage du Kanua Tera, qui est vraiment magnifique. Pins colonnaires endémiques à la Calédonie, eau turquoise, elle est là la Nouvelle Calédonie que nous avions rêvée ! Les montagnes de Nouvelle-Zélande nous paraissent bien loin…!

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Nous prenons notre petit-déjeuner dans ce cadre idyllique, puis remontons vers le nord en espérant profiter du parc de la rivière bleue, haut lieu de sports en tout genre, VTT, randonnée, et de jolies cascades… Malheureusement, la pluie est au rendez-vous, nous ne pouvons donc pas profiter de la région comme nous l’aurions espéré.

 

Poé

Nous arrivons à Poé, un petit village de la côte ouest de l’île, en milieu d’après-midi. Direction le charmant camping « Le rêve de Nemo », où nous plantons notre tente. L’après-midi, c’est snorkeling. Le récif est propice à voir pas mal de bestioles sous l’eau. Problème, il faut faire au moins 1km à pied avec les palmes pour arriver au tombant…!

Nous profitons de cette belle plage, du calme de ce camping. Il règne un véritable air de vacances, et cela nous fait du bien. Depuis plus de 10 mois, on n’a pas eu beaucoup d’occasions de nous poser à la plage et de juste « ne rien faire », prendre notre temps, lire…

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Nous allons également visiter, non loin de là, la plage de la roche percée. Plus impressionnant sur les photos que nous avions vues qu’en réalité ! Il faut dire que la météo nous lâche un peu.

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Nous quittons Poé et son ambiance tranquille, direction Poindimié, sur la côte est de l’île. La traversée est vraiment chouette, la route sillonne entre des petites montagnes et de la forêt tropicale assez dense.

 

Poindimié

Dès notre arrivée à Poindimié, on ne peut pas quitter des yeux un petit îlot situé juste en face… On demande tout de suite si l’on peut s’y rendre, et oui, c’est possible !

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Le lendemain, nous voilà donc partis à bord d’un petit bateau. Au programme, découverte de l’ilôt Tibarama – c’est son nom – et snorkelling dans les alentours. C’est le seul îlot de l’est de l’Ile de Grande Terre qui possède des pins colonnaires, ces grands pins assez emblématiques de la Calédonie.

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Nous faisons le tour de l’îlot à pied, croisons de mignons petits Bernard l’Hermite. C’est un animal assez atypique, grégaire il est toujours en groupe, change de coquille au cours de sa vie et peut vivre… jusqu’à trente ans !

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Il y a aussi énormément de magnifiques coquillages. Puis petit tour dans l’eau. Il faut dire qu’avec cette météo c’est bien tentant !

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Nous observons de très jolis coraux et de nombreux poissons. Mais finalement, c’est lors des sorties que nous faisons directement depuis le camping, que nous verrons le plus de choses !

En effet, à côté de notre camping, le tombant est à… tomber ! Les coraux sont magnifiques, colorés, variés, il y a des poissons en quantité incroyable, des poissons clowns que l’on ne se lasse pas d’observer (et qui en font de même avec nous !).

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Nous ferons même la rencontre du fameux tricot rayé, un serpent iconique en Nouvelle-Calédonie, dont la morsure est mortelle ! Le croiser dans l’eau n’est pas rassurant, car s’il va sur terre pour dormir et digérer, sous l’eau il vient se nourrir…

Et on vous avoue que voir un serpent avancer à toute berzingue dans l’eau face à nous, en se tortillant, ça fout les chocottes ! Même si l’on sait qu’il est très improbable qu’il morde un humain, car ses crocs sont tout petits et ne pourraient nous mordre qu’entre la peau des doigts. Bon, et ici les enfants jouent avec… !

Nous faisons également la connaissance des framboises locales, un peu mois sucrées que les nôtres, mais toutes aussi bonnes !

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Il y a aussi de nombreux hibiscus. C’est un peu « la » fleur de la Calédonie.

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L’un des soirs où nous sommes à Poindimié, nous allons assister à la projection du film « Au nom du père, du fils et des esprits », film qui retrace la vie de l’indépendantiste Jean-Marie Tjibaou. Son fils est là, il a participé à la réalisation du film.

Mais avant la projection du film à proprement parler, nous assistons à une tradition kanak bien particulière, et dont nous n’avions jamais entendu parler avant de mettre le pied en Calédonie ! On a nommé la « coutume ».

La coutume est une pratique ancestrale, qui vise à régir les rapports sociaux lors d’occasions importantes. En effet, lors d’une fête, d’un mariage, ou toute autre invitation, les kanaks « font la coutume ».

C’est une manière de se présenter à la tribu qui nous accueille, en se saluant et en offrant certains cadeaux : traditionnellement un « matou » (un bout de tissu coloré), mais aussi de la nourriture, de l’argent, ou un paquet de cigarette. Cela peut paraître étonnant, mais c’est un peu comme chez nous lorsque l’on est invité à diner et que l’on ramène une bouteille de vin ou un bouquet de fleurs, sauf que là-bas c’est extrêmement fort (c’est très mal vu de ne pas faire la coutume). Le chef de la tribu qui reçoit va accepter le ou les cadeaux en prononçant un discours d’accueil.

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C’est vraiment un moment intéressant à observer, les chefs parlent, se remercient, remercient les organisateurs de l’évènement, puis s’offrent les cadeaux. Après quoi, nous sommes tous invités à venir saluer le chef et sa famille. On se serre la main, chacun notre tour. Vu qu’on doit être une centaine, ça prend un certain temps !

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Après quoi, nous allons voir le film. Eh bien, on ne peut que vous le conseiller ! Voici d’ailleurs un lien vers sa bande-annonce.

Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire de Jean-Marie Tjibaou, il s’agit de l’un des leaders de l’indépendantisme kanak.

Né en 1936 dans la tribu de Tiendanite (aux abords de Hienghène), Jean-Marie Tjibaou s’oriente initialement vers un engagement religieux. Ordonné prêtre, devenu vicaire de la cathédrale de Nouméa en 1966, il quitte ensuite Grande Terre pour suivre des études à Lyon.

Il revient en 1970 suite au décès de son père puis revient à l’état laïc en 71 afin d’entreprendre une carrière militante. Commence alors un combat légaliste non violent pour l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. Il est régulièrement élu lors d’élections territoriales.

Mais considérant progressivement la quête de l’indépendance comme impossible par cette voie, Jean-Marie Tjibaou fonde le FLNKS (front de libération nationale kanak et socialiste) regroupant l’ensemble des mouvements politiques indépendantistes.

Boycott, barricades, actions coup de poing, des violences émergent aussi bien chez les indépendantistes que chez les loyalistes. Les années 80, ce sont les évènements.

Jean-Marie perdra notamment deux frères lors d’une embuscade au cours de cette période. Suite au massacre d’Ouvéa en 1988 qui marquera fortement les esprits (on vous en parle après !), Tjibaou finira par signer les accords de Matignon prévoyant un référendum d’auto determination dans les 10 ans, ramenant ainsi la paix sur le pays.

Pour cela, il sera critiqué et meurt assassiné sur Ouvéa en 1989, un an après les évènements. Venu pour commémorer la prise d’otage survenue un an plus tôt, son assassin était un opposant aux accords de Matignon.

Cette projection, du film sur sa vie, est d’autant plus intéressante qu’elle retrace toute l’histoire récente de la Calédonie. A la fin du film, nous étions tous très émus.

 

Hienghène

Hienghène est l’une des villes les plus importantes de la côte est de l’île de Grande Terre… sur la carte. Car lorsque nous arrivons, il s’agit en fait de quelques bâtiments traversés par la route, une pharmacie et c’est à peu près tout !

Nous faisons une halte au supermarché et on doit vous dire que l’on hallucine littéralement de l’approvisionnement de celui-ci. Des étalages entiers complètement vides ! Cela ressemble aux images de pénuries que l’on voit en cours d’histoire. Quelques bidons d’huile, des nouilles instantanées chinoises, quelques sucreries… et c’est tout. Il n’y a pas de fruits et de légumes. En fait, nous comprendrons un peu plus tard pourquoi…

Hienghène est connue pour sa fameuse « poule », un rocher en forme du gallinacé. Effectivement, il y a une petite ressemblance !

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Nous nous installons dans un camping non loin de là, la météo n’est pas très clémente en fin de journée.

Le lendemain, nous allons découvrir les falaises de Lindéralique. Nous voulions louer un kanoé mais il n’y a personne pour nous en louer un, et puis nous n’avons pas tellement le budget… Mais on peut très bien les admirer depuis la rive. Ces formations nous rappellent quelque peu la baie d’Halong. De nombreuses fissures de par lesquelles s’échappent quelques plantes coriaces, un ciel bleu, c’est vraiment joli !

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Puis, direction la tribu de Tendo, « Chez Julie », conseillée par notre belle-soeur Blandine qui a habité longtemps en Calédonie.

La tribu se situe sur les hauteurs de Hienghène, au bout d’une piste dans un état plutôt moyen, on se demande si on va y arriver ! Mais après notre expérience australienne, nous parvenons à destination.

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Julie nous accueille chez elle. Dans sa famille, qui habite dans plusieurs cases, l’habitat traditionnel kanak. Julie a décidé d’ouvrir son village et sa culture aux touristes, afin de montrer comment vivent les kanaks, les traditions qu’ils perpétuent, et cela lui permet de lui assurer un revenu.

Même si nous payons notre logement, nous voyons tout de suite que Julie nous accueille chaleureusement et souhaite vraiment que nous nous sentions bien.

Elle nous montre la case où nous allons dormir : un matelas est installé à même le sol, quelques couvertures usées, et c’est tout !

Nous avons droit à une petite loupiote pour l’électricité. La salle de bain, c’est dans une autre case, et bien sur cela n’a rien à voir avec ce qu’on connait chez nous.

Puis, Julie nous fait visiter. C’est incroyable ce que sa famille cultive, il y a absolument de tout : des mangues, des fraises, des papayes, des fruits de la passion, des noix de coco… Et même une certaine Marie-Jeanne en pleine santé, quasiment haute d’un mètre !

Selon Julie, tout pousse ici, la terre est très fertile, et cela ne demande pas d’entretien. Certains arbres fruitiers ont même été plantés par les oiseaux qui déposent des graines. Le seul légume qui demande du travail, c’est l’igname. Pour ceux qui ne connaissent pas, l’igname est un légume sacré pour les kanaks. Il représente l’homme; contrairement au taro d’eau qui représente la femme.

Sa culture a une vocation très spirituelle, qui va rythmer l’année. Chaque kanak doit cultiver sa « butte » (l’igname se cultive sur de petits monticules). Même les enfants doivent le faire !

En observant cette profusion de fruits, de graines et de légumes qui poussent densément autour de la tribu, on comprend mieux les étalages vides du supermarché de Hienghène : à part de l’huile, les kanaks sont presque autonomes en nourriture. Ils ont aussi des poules et des cochons. Cela nous impressionne, car de notre point de vue d’européen, l’autonomie alimentaire nous apparait très compliquée à mettre en oeuvre !

Nous sommes tous les deux extrêmement intéressés par leur mode de vie. Centré sur la famille, la communauté, le partage, la spiritualité. Ils ont un générateur pour l’électricité, et consomment très peu.

La cuisine se fait au feu de bois dans une grosse marmite. Ils récupèrent l’eau de pluie. Ils sont presque 100% autonomes en nourriture. Ils vivent dehors. Ils partagent un véhicule avec le reste de la tribu, et de fait cela créé une réelle solidarité entre les habitants, qui se prennent systématiquement en stop (vraiment, dès que quelqu’un est sur le bord de la route, il n’a pas à tendre le pouce, la voiture s’arrête). Ils ont peu d’activité salariée. Leur travail, c’est s’occuper des enfants, récolter la nourriture et s’occuper des bêtes. Un mode de vie basé sur la simplicité, à l’opposé du mode de vie occidental. Et qu’est ce qu’on rit en plus !

Nous nous baladons ensuite dans la tribu. Nous sommes accueillis par des sourires, les aboiements des chiens et les rires des enfants. Un petit côté bout du monde paisible se dégage de cet endroit. On s’amuse avec Vitesse, le petit chiot, dernier né chez Julie.

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Puis, nous nous asseyons autour de la table familiale, et discutons avec Julie tout en l’aidant à cuisiner.

Viens le moment du diner. Pour nous, le repas est bien évidemment sans viande, mais riche en différentes sortes de légumes, tous venant directement du jardin ! Patate douce, courge, igname, taro d’eau…. C’est simple, copieux, et délicieux ! On adore découvrir de nouvelles saveurs.

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Après le diner, Julie nous sert une tisane et nous discutons (et rions !) encore. Elle nous montre les photos de son mariage, de ses enfants.

Ce que l’on trouve assez exceptionnel, c’est que lorsque l’on sait ce que les métropolitains ont fait endurer aux kanaks, il n’y a chez Julie ou sa famille, aucune animosité à notre égard. Quelle résilience, quelle preuve d’intelligence !

Le lendemain, nous avons une discussion passionnante avec Jean-Claude, le mari de Julie. Nous parlons du plastique et des déchets. Il nous dit qu’il n’en revient pas du développement des emballages plastiques ces dernières années, alors qu’avant rien n’était emballé. On parle même du zéro déchet !

Nous repartons de Chez Julie le coeur rempli de bonnes ondes, riches de ces échanges, touchés par tant de générosité et de bienveillance.

Vous l’avez compris, si vous passez par la Nouvelle-Calédonie (bien que l’on y passe…. Rarement !), allez Chez Julie, ce sera un moment vraiment à part dans votre voyage !

 

Nous prenons ensuite la route pour terminer la partie Nord de la côte Est de l’île. La météo se gâte un peu, mais ne nous empêche pas de voir de jolies cascades, et de jolies églises.

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Nous prenons le fameux bac de la Ouaïème, afin de traverser la rivière. Amusant !

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Koné

Nous continuons notre « tour » de Grande Terre, et cette fois-ci nous voici de retour sur la côte occidentale de l’Ile.

Nous nous arrêtons à Koné dans un but bien précis : effectuer en ULM le survol du Coeur de Voh, vous savez, le coeur dans la mangrove immortalisé par Yann Arthus Bertrand ?

Si vous voulez plus de détail sur cette expérience incroyable, nous en avons rédigé un hors-série, que vous pouvez retrouvez ici.

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Retour à Nouméa

Nous retournons à Nouméa, mais en route nous faisons une petite halte au plateau de Thia, qui offre un joli point de vue sur le lagon. Il fait extrêmement chaud et nous arrivons liquéfiés en haut.

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De ce côté de l’ile, les routes sont en bon état, et les ranchs et 4×4 nombreux. Normal, si la côte Est est principalement peuplée par les kanaks, la côte ouest est en revanche, elle, peuplée majoritairement par les « caldoches ».

Nous nous arrêtons ensuite pour passez une nuit près de la commune de Sarraméa, pour aller nous baigner au Trou Feuillet, une sympatoche petite cascade. Il fait bon, les papillons sont nombreux, la verdure prolifère, bref, c’est un petit coin de fraicheur où il fait bon vivre !

Allez, direction Nouméa, nous rendons la voiture à l’aéroport, et prenons un petit coucou… pour l’ile d’Ouvéa !

 

OUVEA

 

Ouvéa commence par un vol vraiment magnifique…

De superbes nuages sculptent le ciel, nous y atterrissons en fin de journée.

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Par contre, nous sommes assez étonnés de voir tous les kanaks voyager avec des glacières…. On comprend pourquoi lorsque l’on cherche à faire des courses le soir même pour diner. Il n’y a quasiment rien à la petite supérette du centre…!

Du coup, le lendemain matin, c’est riz + sauce tomate au petit-dej…

On commence direct en louant un petit scooter, c’est parti pour trois jours à arpenter cette longue île !

Ouvéa est en effet une longue bande de terre, entourée d’un lagon. L’eau est d’une couleur exceptionnelle, un bleu translucide comme on en a rarement vu…

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Nous filons vers le sud, direction le Pont de Mouly, un spot bien connu où les animaux et poissons entrent dans le lagon pour s’alimenter. Du coup, depuis le pont, on observe le passage des raies léopards qui sautent (impossible d’en immortaliser un, ce n’est pas faute d’avoir essayé !), des tortues, des requins…

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De l’autre côté, on peut observer un magnifique dégradé de bleus.

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Du bleu, oui, mais aussi du vert ! Les cocotiers et autres arbres exotiques poussent densément sur l’île, offrant une végétation luxuriante sur le bord de l’unique route qui sillonne l’île.

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Il y a quand même quelques cocoteraies « plantées ».

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Arrivés à la pointe sud d’Ouvéa, appelée la pointe de Mouly, nous partons faire un petit snorkeling. Poissons, coraux, requin en train de dormir (ouf !), et une tortue qui nous offre un gracieux ballet en remontant à la surface. Le courant est tout de même assez fort, aussi on rentre car nous sommes vite fatigués.

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Retour au « centre » de l’île, nous nous posons au pont de Mouly pour cette fois-ci s’y baigner et aller voir de plus près ce qu’il y a sous l’eau…

Bancs de poissons…

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Raies léopards ! (oui il y en a une deuxième au fond, vous la voyez ?)

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Bref une belle journée !

 

Le lendemain, direction le nord de l’île sous un temps un peu maussade. Nous allons observer les requins citron au niveau de la passe qui se situe au nord de l’île, avec notre guide Antoine.

Nous marchons le long de la plage, avant de traverser et d’aller faire un peu de snorkeling. Nous croiserons un gros requin citron, furtivement, puis une belle tortue !

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Retour vers la plage, sauf que l’eau de la passe a monté, et nous devons traverser avec l’eau qui nous arrive maintenant… Au niveau des cuisses ! Ce n’est pas rassurant car autour de nous, plusieurs ailerons se promènent, parfois à quelques mètres à peine… On ne fait pas trop les malins et on marche vite !

Brrr une fois cette séquence digne des dents de la mer passée, nous reprenons le scooter, et retournons à notre camping.

Sur la route, on croise cette charmante église !

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Nous allons nous poser un peu, le temps est gris et le soir une grosse averse s’abat sur l’île. Le temps de vous raconter un peu ce qu’il s’est passé ici, à Ouvéa, le 22 avril 1988.

Ce jour-là, des indépendantistes kanaks s’emparent de la gendarmerie de Fayaoué, et prennent en otage plusieurs gendarmes. Ceux-ci sont répartis en deux groupes et sont cachés dans des grottes inconnues des autorités françaises.

Plusieurs gendarmes sont tués lors de la prise de la gendarmerie. Il faut rappeler qu’à ce moment-là, nous sommes en France en pleine élection présidentielle, et cet évènement va être l’objet d’un véritable débat au niveau national. Le temps presse, et si sur place certains pensent que l’on peut sortir de cette impasse en négociant avec les kanaks, le gouvernement lui, pense qu’il ne faut pas attendre et lancer un assaut.

Au final, la prise d’otage va durer jusqu’au 5 mai. L’assaut est lancé par les autorités françaises tôt ce jour-là. 33 personnes au total ont perdu la vie.

Pour plus d’informations sur cette prise d’otage, on ne saurait que trop vous conseiller l’excellent film de Mathieu Kassovitz, « L’ordre et la morale« . Vous pouvez trouver le lien de sa bande-annonce sur ce lien.

Il faut savoir que cet évènement a tant marqué l’île, que le film pourtant réalisé en 2011, a été tourné à Tahiti afin d’éviter de perturber les habitants de l’île.

 

Le lendemain, direction les falaises de Lékiny avec Félix, notre guide. Ces falaises ont été sculptées par l’érosion et cela permet d’y marcher aisément à pied, une fois que l’on a grimpé à une petite échelle (mais si, vous la voyez sur la photo !).

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Attention, ce site est tabou pour les kanaks, aussi on ne peut y aller qu’avec un guide autorisé par les tribus locales. Sinon, c’est une véritable offense pour eux !

Nous avançons le long de la paroi, à côté de nous le lagon forme presque un petit cour d’eau.

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Au loin, le pont de Mouly se détache du paysage.

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Il est temps pour nous de pratiquer notre activité favorite… Vous avez deviné !

Sous l’eau, nous croisons de beaux coraux…

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Mais surtout un magnifique requin pointe blanche en train de se reposer, ce qui nous permet de nous en approcher et de le prendre en photo. On n’est quand même pas ultra serein….!

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Retour au Pont de Mouly pour déjeuner et profiter une dernière fois de ces eaux incroyables…

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Puis nous rentrons au camping. Au passage, cette église colorée entourée de pins colonnaires, sympa non ?

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Et toujours, les cases dans lesquelles habitent les kanaks.

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Dernière matinée sur Ouvéa. On file observer ce que l’on appelle ici les « trous aux tortues », plusieurs petits lacs à l’intérieur desquels barbotent quelques tortues. Assez rigolo à voir !

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Voilà, fin de notre aventure à Ouvéa, retour sur Nouméa, où Remi, un français rencontré sur l’île, nous accueille pour la journée chez lui, avant de nous ramener à l’aéroport le soir-même. Vraiment trop sympa…!

 

ILE DES PINS

Ayé, on quitte de nouveau Nouméa, en fin de journée, direction l’île des pins !

Cette fois-ci, on a fait les courses, histoire de ne pas manger du riz à la sauce tomate au petit-dej tous les jours. Nous sommes quand même limités par le poids de nos bagages…

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Nous plantons notre temps dans l’obscurité, et au petit matin, nous partons en direction de la baie d’Upi, que nous traversons dans la pirogue traditionnelle, la pirogue à balancier (avec un seul flotteur). Toutes les attaches sont faites de cordes.

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Nous naviguons dans un lagon parfaitement turquoise. Quelques rochers semblent avoir été posés là, la végétation les a recouverts. Une version exotique de la baie d’Halong (décidément !).

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De l’autre côté, nous posons le pied à terre et traversons une petite « jungle ». Nous sommes ici au royaume du vert !

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La végétation est tellement dense qu’on ne voit même pas le ciel !

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De l’autre côté, on débouche sur une sorte de rivière (qui n’en est pas une, c’est bien de l’eau de mer), que l’on remonte à pied, pour arriver au plus bel endroit de Calédonie…

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On a nommé… La piscine naturelle d’Oro !

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Il s’agit en réalité d’un petit « lac » alimenté par l’eau de mer, à l’eau forcément turquoise (Calédonie oblige !) et entouré d’immenses pins colonnaires.

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Une petite plage de sable permet de poser sa serviette et d’observer ce paysage de carte postale. Sous l’eau, énormément de bénitiers qui se replient dès que l’on approche les mains trop près d’eux, beaucoup de poissons aussi !

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On profite vraiment de l’instant présent, on essaie de rester le plus longtemps possible, mais il faut aussi penser au retour.

Nous prenons une autre « rivière » qui nous emmène jusqu’à la plage d’Oro, déserte, et paradisiaque.

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Puis retour via une nouvelle « rivière », et jolis jeux de contre-jour.

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Bref, une journée vraiment incroyable, l’île des pins ça commence fort !

Le lendemain, nous avons prévu de louer un scooter pour arpenter l’île. Très drôle, le loueur veut absolument un permis pour louer, sauf que seule Laure a son permis, et seul Henri sait conduire le scooter. On part donc… en le poussant sous les yeux étonnés du loueur !

D’abord, arrêt forcé au marché de Vao, la pluie s’abattant sur nous assez soudainement. Cela nous permet de discuter avec les personnes qui vendent les légumes de leur jardin, et de gouter quelques sucreries (très très sucrées !).

Puis, direction la Grotte de la Reine Hortense, qui porte ce nom en hommage à une femme kanak qui s’est opposée à l’arrivée des bagnards sur son île.

La végétation a poussé à l’intérieur même de la grotte, cela donne vraiment une atmosphère particulière.

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Nous continuons notre tour de l’île, passons par la baie des crabes, peuplée comme son nom l’indique de milliers de crabes… et d’un sable qui nous absorbe littéralement. Ce n’est pas un franc succès !

En fin de journée, nous nous lançons dans « l’ascension » du Pic Nga, le point culminant de l’île des Pins… 262 mètres d’altitude !

Mais quand même, là-haut, la vue vaut le coup. Nous apercevons l’îlot Brosse où nous avons prévu d’aller le lendemain.

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Ce qui est beau, c’est de voir toute cette végétation qui recouvre cette île encore assez préservée.

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Panorama de dégradés de turquoises….

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Arbres à perte de vue !

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Le lendemain, nous partons donc en bateau faire un tour à l’îlot Brosse.

Premier arrêt dans le lagon pour nager avec cette belle tortue, qui doit être assez vielle, à en juger par sa taille et la vase sur sa carapace.

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Puis nous nous approchons de l’îlot, sur une eau fluo !

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L’île est elle aussi recouverte de pins colonnaires. Elle est vierge de toute construction humaine car les habitants ont voulu la garder telle qu’elle, et c’est tant mieux !

Nous en faisons le tour à pied (et pieds nus, quelle mauvaise idée !).

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Nous sommes presque seuls avec nos camarades du bateau.

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Sur la plage où nous avons laissé le bateau, il y a un rocher…

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Et dans ce rocher, il y a un tricot rayé !

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Il se repose mais non loin de là, l’un de ses compères revient de l’eau, et avance sur le sol. Etrange bestiole tout de même !

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Nous revenons sur l’île des Pins en fin de journée, et assistons au coucher de soleil sur les baies de Kuto et Kanumera. Finalement, réputées pour être les plus fréquentées, il s’en dégage plutôt une atmosphère assez tranquille, avec des enfants qui grimpent sur les cocotiers ou bien jouent au foot, des vendeurs ambulants, des gens qui marchent et discutent, des chiens curieux qui se promènent…

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Le soleil décline doucement derrière les pins colonnaires.

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Et nous, on observe ce spectacle assis dans le sable, en se disant que la Nouvelle-Calédonie, c’était vraiment trop bien…

 

Retour à Nouméa

 

A notre retour à Nouméa, nous nous arrêtons au centre culturel Jean-Marie Tjibaou, qui regroupe de nombreuses oeuvres kanaks, ainsi que de multiples informations sur la culture kanak.

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Hyper intéressant, mais on se dit qu’on aurait du y aller au tout début de notre séjour, on aurait mieux compris pas mal de choses !

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Voilà, merci d’avoir lu notre récit de Nouvelle-Calédonie, ce « petit bout de France qui n’en est pas tellement un » à l’autre bout du monde !

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On a été surpris de voir la force du caractère propre de ce territoire, et la richesse de ses paysages et sa faune. Au fond de nous, et sans vouloir polémiquer, on espère que les personnes qui peuplent ce magnifique endroit pourront un jour en disposer comme elles le souhaitent !

Comme d’habitude, voici la vidéo 🙂

 

Tant qu’on est sur les îles paradisiaques…. On vous dit à bientôt, en Polynésie française !

 

Laure & Henri

 

 

 

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