Hors-série n°5 :Visite du centre Enfants du Mékong de Samrong

Lors de notre séjour au Laos, nous avons fait la rencontre de Ségolène et Vincent, un couple de jeunes mariés qui a opté pour une lune de miel pour le coup plutôt originale.
Tous deux sensibilisés à l’aide aux autres et au secteur humanitaire en général, ils ont décidé de consacrer leur voyage de noces en donnant une année de leur temps à l’association Enfants du Mékong.
La plupart d’entre vous doit connaitre cette association, mais pour ceux qui ne la connaissent pas, Enfants du Mékong (ou EDM pour les intimes) a été fondée par René Péchard en 1958. Dans les 7 pays où EDM intervient, 22 000 enfants sont parrainés et 60 000 enfants sont soutenus.

Au Cambodge, Ségolène et Vincent assurent donc la gestion d’un centre qui héberge 75 enfants, issus de familles défavorisées et parrainés par des étrangers. Ces enfants vont à l’école publique, mais ils bénéficient de cours supplémentaires payés par l’association. De plus, ils sont logés, habillés et nourris par EDM, ce qui leur permet d’étudier dans de bonnes conditions.

Nous sommes donc allés rendre visite à Ségolène et Vincent depuis Siem Reap (2-3 heures de taxi). Le village dans lequel leur centre se situe est relativement petit, et d’ailleurs ils sont les seuls étrangers.
A notre arrivée, ils nous ont accueilli avec un grand sourire, et nous ont expliqué leur travail sur place ainsi que le fonctionnement du centre.
Ils nous ont fait visiter le centre, qui a été construit par des français. Deux bâtiments abritent les dortoirs des filles, deux autres ceux des garçons. Les enfants dorment sur des paillasses en bois (le « lit » cambodgien)  et ont des étagères pour ranger leurs affaires. Pour ce qui est du nettoyage des foyers, ce sont les élèves eux-mêmes qui le réalisent, par roulement. Idem pour la vaisselle. Très responsabilisant !
Une cuisinière est embauchée à temps plein au centre, et elle cuisine chaque jour 80 déjeuners et 80 diners, toute seule ! Nous avons visité sa cuisine, d’énormes marmites occupaient l’espace.

Le centre embauche également deux cambodgiens à temps plein, dont l’un est un ancien élève EDM. Ils permettent d’assurer le contact avec les familles des élèves et apportent leur expertise car travaillant au centre depuis plusieurs années.

EDM envoie systématiquement des français pour assurer la gestion des centres et le suivi des familles. Ils sont les yeux et les oreilles de l’Association et garantissent une vraie transparence auprès des donateurs et des parrains (utilisation de l’argent, reporting, correspondances etc.)
De plus, les « bambous » (nom donné aux volontaires EDM) permettent d’entretenir le lien entre les enfants et leurs parrains. Ségolène et Vincent nous ont expliqué réaliser, en plus de toute la gestion logistique et financière du centre, du reporting non seulement auprès des parrains, mais aussi de l’association.
Nous ne savions pas qu’il était possible de partir en couple réaliser une telle mission et il y a en réalité de nombreuses missions proposées. En effet, cela permet d’envoyer sur place une équipe qui s’entendra bien, mais aussi d’assurer une image de « famille », importante pour les enfants sur place. D’ailleurs, nous nous sommes bien rendus compte que le lien entre les enfants et Ségolène et Vincent était particulier : même si les enfants sont réservés et ne parlent pas tous un anglais parfait, les sourires échangés en disent beaucoup !

Une partie du travail de Ségolène et Vincent consiste aussi au « recrutement » de nouveaux enfants qui pourraient bénéficier du programme. A leurs dires, la preuve que la situation s’est améliorée est qu’ils doivent aller chercher des enfants de plus en plus loin. En effet, pour bénéficier du parcours EDM, les enfants doivent remplir un certain nombre de conditions, et plus particulièrement être issus de familles réellement défavorisées. Aussi, des visites sont organisées dans les villages afin de vérifier les dires des familles, mais aussi d’en connaitre plus sur l’environnement de l’enfant.

Ce qui nous a marqué et que nous ne savions pas, c’est que l’argent envoyé par les parrains n’est pas centralisé puis redistribué. L’argent envoyé est directement destiné à payer le matériel scolaire, les uniformes de l’enfant parrainé ainsi que les cours privés (l’école publique étant gratuite), aussi il permet d’améliorer la vie de l’enfant. Par exemple, Ségolène et Vincent nous ont raconté qu’une fois un parrain a été plus généreux sur un don mensuel, et l’argent en plus a servi à réparer le toit de la famille de l’enfant.
Car les enfants sont internes, mais rentrent pour les vacances chez leurs parents. Certains externes peuvent également bénéficier des cours supplémentaires financés par EDM au Centre, quand bien même ils ne sont pas parrainés.
Au centre, les enfants bénéficient d’une salle informatique, mais aussi d’une bibliothèque bien fournie, avec des livres en khmers et en anglais. Tout est fait pour que les enfants soient le plus confrontés à un environnement anglophone (pancartes avec du vocabulaire un peu partout).
La semaine, les enfants vont donc à l’école (à vélo !) et à leurs cours privées délivrés au Centre par une équipe de professeurs payés par EDM. Les soirs de la semaine, Ségolène et Vincent, qui ont un appartement à eux dans le centre, vont diner avec les enfants (le diner est servi dans chacun des foyers). A table, ils essaient de discuter d’un thème avec les enfants. Cela permet de faire pratiquer l’anglais aux enfants, et aussi de créer un lien avec eux.

Le weekend, quand ils ne rentrent pas chez leurs parents, ils jouent, font du sport, et le samedi soir, c’est film pour tout le monde. Nous avons beaucoup ri quand Ségolène et Vincent nous ont expliqué que le choix des films étaient compliqué, car toute scène de bisou est formellement proscrite (les enfants se mettent à crier si un couple s’embrasse à l’écran), et certains films génèrent des cauchemars car beaucoup d’enfants, même tard, croient aux fantômes (ils n’ont donc pas pu montrer tous les Harry Potter).

Les différences culturelles font partie de l’expérience que vivent les bambous. En effet, pas question pour Vincent de pénétrer dans le dortoir des filles, et l’inverse est vrai pour Ségolène ! Au Cambodge, pas d’effusions sentimentales en public. Difficile donc, pour deux jeunes mariés, de ne même pas se tenir la main.
Les enfants n’ont d’ailleurs pas le droit d’avoir des relations amoureuses. Enfant du Mékong, c’est une discipline à tenir. L’association veille à ce que les enfants soient vraiment dans de bonnes conditions pour étudier et, en contrepartie, les enfants doivent faire de leur mieux dans leur scolarité.
Aussi, si un enfant ne va plus à l’école, pour X ou Y raison, l’association tentera systématiquement de le renvoyer sur les bancs de l’école. Mais si l’enfant persiste, alors le parrainage s’arrête. C’est toutefois un cas rare ! En général, les enfants finissent leur scolarité jusqu’à l’équivalent du bac, et poursuivent des études par la suite.

Nous avons déjeuné tous les 4, et avons pu poursuivre la discussion sur le volontariat international, l’humanitaire, l’amélioration de la vie des cambodgiens, les différences culturelles. Nous avons aussi discuté de ce que représente une telle année pour un couple, à vivre ensemble et à travailler ensemble. Cette journée est passée trop vite… et a été tellement enrichissante !  Leur engagement est extrêmement inspirant, et leurs personnalités aussi.
Nous savons désormais que nous avons la volonté de parrainer un enfant à notre retour, car on a vu l’impact que cela a sur place. Et aussi que nous voulons continuer à passer des moments tous les 4 !
Merci Ségolène et Vincent pour cette superbe journée, bonne fin d’expérience, et à très vite !

 

Ah, un petit mot pour ceux d’entre vous qui parrainent des enfants : pensez à écrire à vos filleuls si vous ne le faites pas déjà. C’est super important, et sur place, cela rend votre filleul très heureux !

Le lien vers le blog de Ségolène et Vincent : c’est ici
Le lien vers le site d’Enfants du Mékong, si vous voulez en savoir plus ou pourquoi pas débuter un parrainage ! c’est ici

1 réflexion sur « Hors-série n°5 :Visite du centre Enfants du Mékong de Samrong »

  1. Super tout ça! Mais du coup vous êtes en train de nous dire que vous allez devenir un couple de bambous à votre tour?! #peaceoutgrenoble #peaceoutlafamille

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