Deux mois en Inde : Le bilan

 

Préambule
Les propos qui suivent n’ont pas vocation à être des vérités générales, mais ils ne sont que le reflet de notre ressenti après deux mois passés dans ce pays. Si vous voulez corriger un propos ou si vous voulez nous faire partager votre avis, n’hésitez pas à laisser un commentaire !

 

# 1 – La séparation Hommes / Femmes est plus forte que ce que nous pensions
Nous nous doutions bien en arrivant que la place de la femme était particulière en Inde. Que certains espaces leur étaient réservés, dans les bus par exemple. Mais nous ne doutions pas que la séparation était telle.
D’abord, dans les rues, il n’y a presque pas de femmes. Cela nous a beaucoup frappé à Bombay notamment. Aussi, il y a des hommes, en grand nombre, de partout ; mais les femmes sont chez elles. Les rares que nous croisons sont très rarement seules. En général, elles se regroupent entre elles, ou alors elles sont accompagnées de leur mari.
A la gare, elles se regroupent pour attendre sur le quai. Au guichet, elles ont une file spéciale (avec les « disabled persons », pour la délicatesse on repassera). Dans les trains, elles ont des wagons à part.
Le partage des tâches ménagères semble aussi ne pas beaucoup exister en Inde. Les femmes cuisinent, s’occupent des enfants et lavent le linge pendant que leurs époux pêchent ou discutent entre eux. Un événement a par exemple attiré notre attention : lors d’un long trajet en train, nous étions assis à côté d’un couple et de leur bébé de huit mois. La mère s’occupait de toutes les tâches moins sympathiques (l’habiller, le nourrir, le faire dormir, le consoler, lui donner ses médicaments) tandis que le père ne s’en occupait que pour jouer lorsque le bébé allait bien. Et dès qu’il pleurait, il le redonnait à son épouse et retournait sur son téléphone portable.
Et puis il y a eu le Holi, la fête des couleurs. A Varanasi, où nous le fêtions, aucune femme n’était dans la rue. Les hommes étaient ivres morts, se tapaient dessus. Lorsque nous sommes sortis (à 14 heures, sur les conseils du gérant de notre guesthouse car avant cette heure-là, c’était « crazy »), tous les hommes essayaient de venir toucher Laure, et un a réussi à mettre sa main entre ses jambes. On ne l’explique pas vraiment, misère sexuelle, désinhibation de par l’alcool… sans doute une frustration à relâcher, au risque d’excuser à peu près tout.
Nous avons relu les articles qui avaient fait suite au viol et à l’assassinat de cette jeune indienne dans un bus à Delhi en décembre 2012. Et les réactions des plus hauts dignitaires politiques étaient dramatiques (on vous invite à aller lire sur ce sujet !); ce qui explique aussi que les femmes soient vues comme telles. Certes, il y a eu un mouvement de soulèvement populaire à ce moment-là, mais on n’a l’impression que pas grand chose n’a changé…

 

# 2- La mendicité n’a pas d’âge
Slumdog Millionaire nous avait bien avertis que nous croiserions de jeunes enfants en train de mendier. Mais nous ne savions pas que les enfants pouvaient mendier si jeunes !
Plusieurs fois, de très jeunes bambins, qui ne savaient presque pas parler, savaient déjà tendre la main en nous disant « money, money » (non, pas la chanson d’Abba).
Autre cas de figure, pour des enfants un peu plus âgés, de 5-6 ans : ils nous courent après, nous demandent « photo, photo » en se montrant du doigt. Nous les prenons en photo, ils ont le sourire jusqu’aux oreilles. Et à peine le cliché est dans la boite qu’ils sont déjà en train de nous demander de l’argent.
Plusieurs fois aussi, nous avons vu des enfants faire les poubelles et y récupérer des bouteilles en plastique, probablement pour les revendre. Nous les avons vu souvent travailler, vendre des cartes postales, des souvenirs, mais aussi servir de l’alcool dans les restaurants.
Nous ne leur avons pas donné d’argent, car nous ne voulions pas cautionner de telles pratiques, d’autant plus que l’argent ne leur revient pas… Du coup, nous avons acheté des stylos, et les leur avons donnés. C’est bien dérisoire, certes…
Nous tenons à vous dire que nous nous attendions franchement à bien pire… en habitant à Paris, on a aussi croisé des enfants en train de mendier…
Une autre mendicité ou pauvreté nous a beaucoup marqué, c’est celle des personnes âgées. Elles n’ont pas ou peu de pension, et si elles n’ont pas de famille, alors elles sont livrées à elles-mêmes.
A Hampi, par exemple, nous avons assisté à un événement qui nous a peiné. Dans un temple, il y avait au milieu une très grosse structure en pierre, haute de presque deux mètres, entourée d’eau. Les touristes y jetaient régulièrement quelques roupies sur le dessus pour se porter chance. Un vieillard, extrêmement maigre, presque pas habillé, était là, les pieds dans l’eau, en train de s’agripper comme il pouvait au rebord de la structure afin d’attraper quelques roupies. Il tombait, mais continuait, pour attraper ces pièces, représentant quelques centimes d’euros…
La misère des personnes âgées a quelque chose de détestable.

 

# 3 – Le comportement à l’égard des déchets nous a montré une Inde séparée en deux
L’Inde est un pays globalement assez sale. Cela, tout le monde le sait. Les déchets sont présents partout, et si vous n’en n’avez pas vu sur nos photos, c’est parce que nous sommes les as du cadrage 😉
Donc, des déchets absolument partout. Pour la défense des indiens, c’est vrai qu’il y a très peu de poubelles. Culturellement, quand on n’a plus besoin de quelque chose ici, on le jette par terre, par la fenêtre ou dans la rue.
Cela dit, cette conception est une généralité : nous avons rencontrés des étudiants ingénieurs qui n’appréciaient pas du tout la saleté de leur pays et reprochait aux personnes qui n’étaient pas éduquées de tout jeter par terre. Notre ami Ashok a réitéré ces propos. Les gens qui ne sont pas éduqués ne voient même pas le problème, alors que d’autres sont près à faire des kilomètres pour jeter une bouteille à la poubelle.
De très nombreux programmes de prévention sont mis en place en Inde pour inciter les gens à mettre les déchets à la poubelle (« Green India »… « Clean India »…). Du point de vue des gens « éduqués » avec qui nous avons parlé, il y a donc un peu de progrès. Mais on est encore loin des ruelles propres dans lesquelles on n’aurait pas de scrupule à regarder où l’on marche 🙂

 

# 4 – Les Indiens acquiescent en « dodelinant » de la tête
C’est un geste bien particulier : lorsqu’un indien veut montrer qu’il est d’accord avec vous, il « dodeline » de la tête pour acquiescer. En gros, il fait tourner sa tête sur elle-même. C’est un mouvement assez unique, que nous n’arrivons pas à reproduire !

Cela peut paraître curieux et déroutant, mais finalement, nous aussi on dit « non » de la tête, non ? Et bien eux disent oui comme cela, et ça a son charme à vrai dire 🙂

 

# 5 – Les transports indiens vous marqueront à tout jamais !
Ah, les transports. Si vous avez lu nos carnets, vous vous doutez bien que ceux-ci sont épuisants et lents, lents, lents (et bruyants, bruyants, bruyants…).
Ce qu’il y a de bien, c’est qu’on peut arriver 5 minutes en retard pour prendre son train ou son bus, pas de souci le chauffeur s’arrête et vous attend ! Les bus et trains desservent le moindre petit patelin, donc oui, ça prend du temps. D’un autre côté, cela permet à chaque indien de se déplacer facilement et à très bas coût (totalement l’inverse de ce qui se passe en France !).
Les places, en particulier dans les bus, sont très étroites. Bien sur, il n’y a pas de clim dans les bus « normaux » (pas les VIP bus donc) et pas ou peu de place pour les bagages.
On a, malgré tous ces retards, ces foules et ces bouffées de chaleur, adoré les transports en commun. C’est comme cela que nous avons rencontré les indiens, que nous avons pu rire, échanger et parler avec eux. Ce qui n’aurait pas été possible si nous avions opté pour des classes supérieures ou des bus de luxe, presque exclusivement accaparés par les touristes.

 

# 6 – Les Indiens sont très, très, très bruyants
Alors ça, on ne s’y attendait pas. Ce n’est pas du bruit qu’il y a en Inde, c’est du boucan, du vacarme en permanence ! Vous comprenez dès lors notre affection pour les visites de temples…
Déjà, l’utilisation du clignotant n’existe pas. On utilise tout simplement le klaxon en permanence pour communiquer. Vous avez surement vu des images des routes bondées de voitures en Inde, imaginez maintenant si chacune d’entre elles klaxonne toutes les dix secondes… Voilà; vous avez une idée ! En plus, leurs klaxons sont loin d’être les plus neutres et calmes…
Il y a aussi de la musique à fond, dans les bus, dans les magasins, dans les restaurants. On se disait que les entreprises de prothèses auditives avaient des parts dans tous les endroits publics…
Cela fait aussi parti du charme fou de l’Inde. Mais parfois, c’est assez fatigant.

 

# 7 – Les animaux ont une place différente dans la société que chez nous
Nous avons été tellement heureux en Inde sur ce point. Les animaux font partie de la vie, ils sont présents partout, toutes les rues ont chacune leur lot de vaches, de chiens, de singes, de chèvres, de cochons, d’oiseaux…
Ils sont libres d’aller où ils veulent, jamais attachés. Les indiens les ignorent et en même temps les considèrent, les nourrissent et font attention de ne pas leur rouler dessus ou quoi que ce soit (et quand une vache est allongée en plein milieu de la route, et bien… on attend, et on klaxonne bien sur !). Presque tout le temps, des chapatis et des fruits étaient laissés dans les rues le soir pour que les chiens et vaches puissent se nourrir.
Et puis, les indiens laissent les animaux hors de leur assiette. Il n’a jamais été aussi facile pour nous de tellement bien manger sans causer de mal à aucun animal. Le végétarisme est la norme. Il y a même énormément d’options véganes, puisque les jaïns sont des végétaliens stricts, et presque tous les restaurants proposaient des options végétaliennes.
Les seuls qui consomment de la viande, ce sont les musulmans. Et cela fait d’ailleurs partie des points de désaccord entre hindous et musulmans.

Sur les vaches, qui tiennent une place bien spéciale dans ce pays, comme vous avez pu le lire dans nos carnets :

  • Les indiens consomment un peu des produits laitiers (ne serait-ce que pour le chaï). Mais contrairement à la France et autres pays industrialisés, les vaches restent avec leurs veaux, les veaux mâles ne sont pas tués.
  • L’insémination artificielle n’existe pas, et il est impensable de tuer une vache ou un taureau dans ce pays. Plusieurs états condamnent à perpétuité la personne qui viendrait à tuer une vache.
  • Conséquence : il y a des vaches absolument partout. Elles sont paisibles et heureuses, car laissées tranquilles. Elles sont rarement attachées. Attention, ce n’est pas non plus le pays des bisounours : les taureaux sont quand même exploités à la campagne…
  • Le cuir utilisé et travaillé en Inde n’est récupéré qu’au décès naturel de la vache.

 

Bref, nous avons été heureux de voir qu’il y a des pays où les animaux sont laissés tranquilles, et où l’on mange excessivement bien, rassurez-vous !

 

Merci encore de nous suivre, nous avons réalisé une petite vidéo où nous vous racontons aussi tout ce que nous avons aimé et ce que nous avons moins aimé dans ce pays : 

Bon visionnage !

 

1 réflexion sur « Deux mois en Inde : Le bilan »

  1. Super cool et super instructif votre blog! Ça devient un peu mon plaisir du lundi matin!

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